mardi 13 octobre 2026 à 14h30 : histoire de l’art par Jean-François Larralde

ANDRÉ DERAIN – 1880-1954

De l’avant-garde au retour  à l’ordre
La réinvention de la peinture paysagiste

A 19 ans, André Derain entre à l’Académie Carrière où il rencontre Maurice de Vlaminck. Il travaille au Louvre, attirant l’attention d’Henri Matisse par la liberté et la force de ses copies. Il expose au Salon d’Automne de 1905 dans la célèbre « cage aux fauves ». Puis à la suggestion de son marchand Ambroise Vollard, Derain se rend à Londres où il peint ses toiles de Hyde Park aux couleurs éclatantes et au dessin simplifié, mais à la composition toujours lisible. En 1907, il s’installe à Montmartre, près du Bateau Lavoir et de ses nouveaux amis Braque, Apollinaire, Picasso, van Dongen. Curieux de tout, il découvre l’un des premiers l’art nègre et l’imagerie populaire. Sans adhérer totalement au cubisme, il introduit une structure de plus en plus forte dans ses toiles: « Baigneuses », 1908. Après la guerre, s’interrogeant sur les arts du passé, Derain reviendra à une certaine tradition soucieux du « retour à l’ordre » par l’usage de la perspective, du modelé et du clair-obscur. Cet audacieux novateur de l’art moderne qui, après le fauvisme, premier et éphémère mouvement d’avant-garde du XXe siècle, fondé sur l’exaltation de la couleur pure et le cubisme, sut attirer l’attention de Wlaminck et Picasso sur l’art nègre. Depuis la fin de la guerre 1914-18, André Derain et de nombreux peintres retournent au naturalisme. Le temps des innovations et des expériences souvent scandaleuses semble s’estomper. Suivant leur tempérament personnel, certains artistes avant-gardistes, de Picasso à Braque, en passant par tous les adeptes du cubisme, dont Derain, renouent avec la tradition à laquelle ils demandent  des bases solides et sûres et sont réunis par la passion qu’ils portent de nouveau au «beau métier ». Hans Tietze, historien de l’art de la Renaissance a écrit en 1931 :
« André Derain est plus que jamais épris de l’idéal classique, de la forme classique, de l’exécution classique qu’il combine avec ses qualités de peintre hautement doué……Il représente, à l’heure actuelle, le seul grand peintre dans la tradition de la Renaissance. »