Mardi 25 mars 2025 à  14 h 30
Cours Histoire de l’art

V É L A S Q U E Z

La théologie de la peinture

5e partie

Parallèlement à ses travaux de peintre, Diego Vélasquez entreprend une carrière officielle qui le conduira à exercer les plus hautes fonctions au sein du Palais Royal. Réduisant au minimum les sujets religieux, l’artiste se tourne vers la peinture mythologique en proposant du mythe une interprétation tout à fait nouvelle. Il humanise le mythe en le rendant familier, en l’incluant presque dans une scène de genre. Deux épisodes impriment un tournant décisif à sa carrière de peintre : la rencontre avec Pierre Paul Rubens et ses deux voyages en Italie. Ses portraits de membres de la famille royale et du monarque lui-même sont dépourvus du maniérisme propre aux artistes qui cultivaient ce genre. Sa série des nains et bouffons méritent une attention particulière.
Ils sont tous traités avec une grande humanité, avec la même recherche et le même réalisme que les portraits royaux, Vélasquez ne peint pas ces personnages comme ils auraient voulu être représentés, mais comme il les voit: en définitive, comme ils sont. L’allégorie est reconnaissable dans les Ménines et autres peintures que l’on peut interpréter comme la défense de la noblesse et de la pratique libérale de la peinture. Les choix plastiques opérés par Vélasquez ne seront pas suivis par ses contemporains ni par ses successeurs à cause de l’exigence et de l’individualité de son art qui est une recherche incessante de solutions adaptées à chaque cas.
Jean-François Larralde